Speakers
Lobodenko Kateryna
Chercheuse associéeStart
2 septembre 2026
End
6 juillet 2026
Address
Le Goethe-Institut de Paris – La Clef Revival View mapFESTIVAL ARKAWIT : 2es Rencontres du Film Soudanais « Exil.s et engagement.s » est une rétrospective cinématographique proposée par l’équipe du projet de recherche « Exil.s., guerre.s et création.s : Images de résistance au service de l’histoire » (projet lauréat 2024 de l’appel « Arts & SHS » de la FMSH de Paris) de l’Institut de recherche sur le cinéma et l’audiovisuel (IRCAV) à l’Université Sorbonne Nouvelle, en partenariat avec les associations ARKAWIT et SUDFA MEDIA.
Cet événement se déroulera du 2 au 4 septembre au Goethe-Institut de Paris et du 5 au 6 septembre à La Clef Revival.
Encore méconnu en France, le cinéma soudanais se distingue par sa riche diversité idéologique et esthétique, façonnée au fil des années. Le paysage cinématographique du Soudan a souvent été modelé par les bouleversements politiques, tels que le coup d’État militaire de 1989, qui avait drastiquement restreint les activités culturelles publiques, affectant particulièrement la jeune production cinématographique. Dans ce contexte, le concept d’exil s’est progressivement introduit dans les œuvres des réalisateurs, comme l’illustre Diary in Exile (1993) d’Atteyat Al-Abnoudy et Hussein Shariffe. Beaucoup d’artistes ont quitté le Soudan pour poursuivre leurs carrières hors de ses frontières.
Depuis 2023, l’exil provoqué par la guerre actuelle continue de marquer le cinéma soudanais. De nombreux réalisateurs ont trouvé refuge dans des pays voisins comme l’Égypte, l’Ouganda ou le Kenya, ainsi qu’au Proche-Orient, en Europe et en Amérique, où ils poursuivent leurs efforts artistiques tout en maintenant un engagement fort dans leur travail créatif. À travers leurs films, ils mettent en avant des personnages pris dans des conflits politiques ou des luttes personnelles, comme dans It is war ? (2025) réalisé par Timeea Mohamed Ahmed. Ces cinéastes exilés, à l’instar de ceux qui persistent à créer au Soudan malgré la guerre, notamment les documentaristes collaborant avec Ayin Network, jouent un rôle essentiel dans l’histoire du cinéma soudanais et dans l’illustration des défis que rencontre leur peuple.
Incluant des films d’auteurs emblématiques tels que Gadalla Gubara, Hussein Shariffe et Ibrahim Shaddad et des jeunes réalisateurs comme Rawia Alhag, Shahab Satti, Timeea Mohamed Ahmed, la rétrospective propose une sélection d’œuvres mêlant documentaires et fictions. Elle explore comment ces films traitent des épisodes historiques du passé, du conflit actuel ainsi que des engagements artistiques et sociaux présents à l’écran. Enrichie par des tables rondes avec les cinéastes et les chercheurs, ainsi que par des discussions avec le public, cette rétrospective tentera d’explorer les dimensions esthétiques et les problématiques sociales soulevées par ces œuvres, ainsi que les messages que les réalisateurs souhaitent transmettre au travers de leurs créations.
Une exposition des œuvres photographiques sur textile de l’artiste franco-britannique Frédérique Cifuentes, intitulée « Khartoum, les écrans de la mémoire », apportera une dimension supplémentaire à cette rétrospective. Elle rendra hommage aux cinémas en plein air de la capitale soudanaise, qui ont été des lieux de rassemblement collectif, de divertissement et d’échange culturel, désormais disparus dans le chaos de la guerre déclenchée en avril 2023.







