Monvoisin Frédéric

Monvoisin Frédéric

Chercheur indépendant

Frédéric Monvoisin est docteur en étude cinématographique et chercheur associé à l’Institut de recherche en cinéma et audiovisuel (IRCAV) de la Sorbonne Nouvelle. En 2011, il a soutenu sous la direction de Philippe Dubois une thèse intitulée Pour une approche géopolitique du cinéma en Asie (Hongkong, Corée du Sud, Japon, Taiwan) : la fin du cinéma asiatique ?

Durant son parcours il a effectué plusieurs séjours de recherche à l’étranger, parmi lesquels un séjour d’une année au sein de L’Institut of Media Art de l’Université de Yonsei en Corée du Sud en 2003, un séjour d’un semestre à l’Institut des Arts de Jakarta en Indonésie en 2008 et un postdoctorat de la JSPS (Société japonaise pour la promotion des sciences) au Nichibunken (Centre de recherche internationale en études japonaises) au Japon de 2013 à 2014.

Il est actuellement en poste à Sciences Po Saint Germain-en-Laye où il enseigne l’analyse géopolitique du cinéma et des arts et assure la direction du service des relations internationales. Il enseigne également au département Cinéma et audiovisuel de l’Université Sorbonne Nouvelle, au département d’histoire de l’art de L’Université de la Panthéon-Sorbonne et au département d’études japonaises de l’Inalco.

Auteur de nombreux articles, il est l’auteur de deux livres. Le premier Cinémas d’Asie, analyse géopolitique, tiré de sa thèse de doctorat, se veut une réflexion analytique sur la notion de « cinéma asiatique ». Le second Cinémas d’Asie, d’hier et d’aujourd’hui est un livre tendant de retracer en cohérence l’histoire du cinéma en Asie Orientale depuis son arrivée au Japon en 1986. Il a travaillé avec Max Tessier sur la 3ème édition du livre Le Cinéma japonais et a codirigé aux côté d’Eléna Biserna et Philippe Dubois l’ouvrage collectif Extended Cinema. Il prépare actuellement un ouvrage collectif sur la présence du nucléaire au cinéma et dans les arts.

Engagé dans la diffusion du cinéma, il intervient régulièrement dans les cinéma, cinéclub et centres culturels pour faire connaître les cinémas d’Asie et discuter avec le public. De la même manière, il collabore régulièrement avec l’éditeur Spectrum Film pour sa collection DVD et bluray.

Présentation de la thèse :

Les recherches dans le champ des études cinématographiques portant sur l’Asie ont pour habitude de rassembler plusieurs cinémas d’Asie sous la bannière d’un cinéma asiatique en tant qu’il existerait un art, une culture et par voie de conséquence une pratique asiatique relativement « homogènes ». L’étude de ce postulat révèle rapidement qu’il repose sur l’idée d’une sphère géographique d’influence culturelle chinoise suffisamment forte pour relayer les spécificités nationales à la logique du système différentiel -ce que propose notamment Noel Burch dans Pour un observateur lointain ou Antoine Coppola dans Le Cinéma asiatique. D’autre part, cette vision uniformisante implique, même si elle s’en défend, un relent colonialiste dans sa posture, son geste d’analyse – phénomène que montre bien Bertrand Westphal dans son livre La Géocritique, Réel, fiction, espace – . C’est par le biais d’une histoire géopolitique du monde moderne que mon corpus s’est fixé sur les territoires du Japon, de la Corée du Sud, de Taiwan et de Hongkong, car ils forment un ensemble cohérent de territoires ayant fait partie intégrante de l’empire colonial japonais et développés sous une influence capitaliste américaine par la suite, après la défaite du Japon en 1945. Cette cohérence géopolitique d’un espace géographique, est apparue également pertinente pour l’étude du cinéma dans la mesure où ce dernier est né en 1895, soit la même année que l’indexation de Taiwan par le Japon. Ainsi, cinéma et empire colonial japonais partageant la même « date de naissance » et sont portés par le même élan de modernité. La dynamique ainsi engagée donne toute sa « vraisemblance (Cf. Christian Metz) porté par la même « énergie » d’essence géopolitique.

Le second temps de mon travail de thèse consiste à utiliser l’histoire, c’est-à-dire la part faisant consensus dans les différents pays concernés, comme une colonne vertébrale autour de laquelle s’enroulent, se nouent et se croisent les différentes historiographies des pays concernés et celles de leurs cinémas. Ce travail offre dans un tissage rigoureux entre histoire, politique et production artistique un éclairage nouveau sur la région et permet à de nombreuses reprisent d’interroger certaines « vérités historiques ». Et si rien ne semble plus évident que de dire que les belligérants japonais, coréens, taiwanais et hongkongais ont une appréhension différente d’une histoire pourtant commune, l’étude systémique que ma thèse fait de ces cinémas en fait la vérification méthodique. L’approche géopolitique se veut une nouvelle manière de faire de l’analyse filmique, partageant certaines des problématiques soulevaient par les histoires culturelles et la sémio-pragmatique. Celle-ci repose sur trois conceptions distinctes et complémentaires issues de la théorie de l’espace telle que l’a formulé Henri Lefebvre (La Production de l’espace). Chacun des dits cinémas est tour à tour envisagé en tant que « produit de l’espace » – c’est-à-dire qu’il appartient et est produit par les mêmes contraintes – au sens de Roger Odin, Les Espaces de communication– que son environnement immédiat, « espace de représentation » – c’est-à-dire un espace où le monde se révèle par simple emprunte – . Enfin, le cinéma « offre une représentation de l’espace » en l’organisant par ses moyens propres (cadrage, montage, composition, etc.).

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